Il m'est particulièrement agréable de dédier à mes compatriotes la primeur de mon œuvre. Toute simple, toute modeste qu'elle est, j'aime à croire qu'on voudra bien l'accueillir avec complaisance, en ne voyant en elle que le bon côté qui a présidé à son élaboration. On verra par la précision des détails combien est vraie, authentique, la narration de ce fameux voyage que beaucoup ont révoqué en doute.
Je suis heureux de pouvoir la présenter aux incrédules, à ceux-là surtout, dans les colonnes de ce journal L'Ere nouvelle de Tarbes qui veut bien me faire les honneurs de l'insertion. Ecrite sans façon, au courant de la plume, sans révision, sans penser qu'elle verrait le feu de la presse, elle est la reproduction exacte des péripéties de ce voyage abracadabrant. Pas plus que le voyage lui-même, elle n'engendre la mélancolie.
Lisez, amis, riez, c'est mon vœu le plus cher."
Chers valeureux, et indispensables lecteurs, moi Alcide Bouzigue (il en faut des bons zigs !) ai chauffé mes jolis mollets musclés (sans jeu de mot laid pour gens bêtes) et ai enfourché ma bicyclette ! Ma douce Hirondelle et ai franchi, que dis je volé, vers mes vertes Pyrénées !
Il faut dire que j’en avais vu de belles et j’avais déjà beaucoup pédalé dans ma campagne (mais pas celle des Pyrénées)
Candidat aux Législatives de 1889, j’avais beau déclarer : « Je suis né à Lannemezan, »… et, « Ayant éprouvé vos besoins et vos peines, j’essaierai d’y porter remède »… « Boutat tous enta you ! »… rien n’y fit, les urnes félonnes me furent défavorables ! Cela m’a valu un article dans les colonnes de l’hebdomadaire local « L’Avenir » (ancien « Echo des Vallées »), n° 17 du 24/04/1889, sous le titre « Intermède Electoral » : « Alcide ou Hercule, c’est la même chose »… « … C’est un cri d’éloquence véhémente… » Et la conclusion, « il y a toujours de “Bons zigues” de par le monde, à l’esprit assez bien tourné pour faire fleurir le rire sur les lèvres les plus maussades. »
Et au moins je fais rire ! Alors j’ai frisé ma moustache en forme de mon guidon et hardi ! Et voilà que sur le chemin, un zigue en automobile me fait trois queues de poisson, de la queue à l’œil, deux des trois ne le mèneront pas au paradis ! Parigot !
Je m’affranchis des Pyrénées !
Et me voilà chez ma mémé d’Auzat !
Quelle belle maison où il y a tant à découvrir !
Ce que je ne savais pas c’est qu’un trésor m’attendait !
En farfouillant dans le grenier de Lizette j’ai découvert d’abord, ce texte bizarre au dos d’une carte postale bien énigmatique !
J’avais besoin de tout pour esprit acéré !
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